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Le Québec inc. au féminin : une fierté commune

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Par Annouk Bissonnette
Directrice générale- Entrepreneuriat Féminin, Inno-centre

Mardi avait lieu le dévoilement du premier palmarès d’entreprises au féminin, publié par Premières en affaires, une référence en matière d’actualité économique pour les femmes.

On retrouve dans ce palmarès des cheffes d’entreprises qui œuvrent dans tous les secteurs de l’économie : la construction, l’hôtellerie, l’automobile, le chauffage, les solutions informatiques, l’aluminium, la téléphonie, le voyage, etc.

Vous l’aurez compris, ce palmarès fait éclater les mythes et les préjugés quant à la présence des femmes dans le monde entrepreneurial. Loin du discours paternaliste, dépassé et anachronique avec leur réalité, ces femmes savent parfaitement qu’elles sont capables de réussir en affaires.

Plus souvent qu’autrement, lorsqu’il s’agit d’entrepreneuriat au féminin, on rappelle la notion de confiance en soi, de conciliation travail-famille, d’émancipation, etc. Des principes que l’on retrouve rarement, voire jamais, dans les discours adressés aux hommes entrepreneurs qui lui est plus axé sur la performance, la compétition et la croissance.

Alors que les femmes sont majoritaires dans les facultés universitaires (60% des diplômés universitaires), il ne faudrait pas se surprendre à voir les femmes occuper de plus en plus de postes de dirigeantes d’entreprises. Trop longtemps maintenues à des positions de numéro 2, elles occupent et occuperont davantage des positions de principales dirigeantes d’entreprises.

Le visage du Québec Inc. change. On parle aujourd’hui de l’arrivée massive des femmes entrepreneures, mais les mêmes questions se poseront demain pour les immigrants désirant entreprendre, etc.

Tous les acteurs du milieu des affaires, qu’ils s’agissent des gouvernements, des investisseurs privés ou institutionnels, des banques ou des organismes de développement économique, devront adapter leurs modèles d’affaires, leurs stratégies de développement et leurs expériences-clients afin de rejoindre ce bassin de clientèle à fort potentiel.

Les intervenants du monde des affaires devront non seulement adapter leurs approches, mais surtout les rendre plus accessibles aux femmes entrepreneures. Ainsi, nous pouvons nous demander si l’octroi de bourses pour soutenir des entrepreneurs de moins de 35 ans est équitable sachant que les femmes se lancent en affaires plus tard que les hommes? Est-ce que les fonds en capital d’investissements rejoignent les femmes entrepreneurs là où elles se trouvent, sachant que les femmes accordent moins de temps que les hommes au réseautage d’affaires?

En effet, les femmes attendent souvent beaucoup trop longtemps avant de rejoindre des investisseurs privés ou institutionnels et les banques pour avoir accès aux fonds nécessaires à la croissance de l’entreprise. Pourquoi ? Peu d’études l’expliquent, mais force est de constater que cette situation nuit à tout un écosystème : Peu de femmes vont chercher les capitaux nécessaires à la croissance et au développement de leur entreprise, les investisseurs perdent des opportunités de développer et de financer des entreprises à fort potentiel de croissance et donc un marché énorme et finalement, ces mêmes femmes se trouvent à compétitionner avec des PME mieux financées et plus ancrées dans des réseaux établis.

Dans cette optique, si l’accessibilité et l’adaptabilité des ressources aux femmes entrepreneurs étaient réellement considérées comme responsabilité commune, les organisations telles que Femmessor, Cheffes de file (CDPQ), Indice F, Premières en affaires et autres, n’auraient pas eu besoin d’exister.

D’ici là, elles œuvrent tous les jours à mettre à l’avant-plan les femmes d’affaires québécoises et de les accompagner dans la création de leurs entreprises. Cependant, trop peu d’initiatives soutiennent des entrepreneures déjà enracinées.

Comme en témoigne le palmarès dévoilé hier, les PME détenues ou dirigées par les femmes québécoises sont loin d’être toutes des start-ups. Il s’agit souvent de PME établies depuis plusieurs générations (années d’existence moyens sont de 25,5 ans) et dont le succès n’est plus à prouver.

Alors que le Québec connaît de réels enjeux économiques, notamment en matière de repreneuriat et de transfert d’entreprises, la mobilisation de l’ensemble des acteurs du développement économique sera d’une importance capitale. Cette mobilisation ne pourra produire l’effet escompté que lorsque les femmes entrepreneures prendront la place qui leur revient de droit.

Espérons que le champ lexical entourant la femme entrepreneure deviendra : excellence, réussite, croissance, vitalité, leaders.


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