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La campagne électorale fédérale a remis à l’avant-plan l’importance de soutenir nos entreprises à divers stades de leur vie : démarrage, croissance, accélération, etc.

Claude Martel

Par CLAUDE MARTEL PRÉSIDENT D’INNO-CENTRE

Nous voulons qu’elles soient innovantes, compétitives, génératrices d’emplois de qualité et enracinées dans leur communauté. Pour cela, nous devons mettre en place un écosystème qui favorise le développement, la croissance et l’innovation.

L’innovation, le nerf de la guerre
Mettons les choses au clair : Airbnb, Amazon, Uber, etc., ne sont pas des entreprises qui produisent ou commercialisent une technologie alors qu’elles sont souvent citées en exemple en matière d’innovation et de croissance. Pour ces entreprises, la technologie est la pierre angulaire de leur modèle d’affaires et c’est grâce à elle qu’elles ont su bousculer des industries entières – nous n’avons qu’à penser à l’industrie du taxi.

Derrière les beaux slogans électoraux qui promettent à qui mieux mieux de soutenir l’innovation et la recherche afin de rattraper le retard creusé durant la dernière décennie se cache une profonde méconnaissance des besoins des entreprises sur le terrain et donc un soutien mésadapté aux réalités de l’entrepreneur.

Le soutien à l’innovation ne devrait pas être un simple appui financier à la recherche scientifique, qu’elle soit fondamentale ou appliquée. Bien qu’elle soit très importante, soutenir des laboratoires de recherches ne fera pas nécessairement de nous un peuple innovateur.

Il s’agit aussi de soutenir les entreprises qui innoveront dans leurs procédés et processus d’affaires afin de bousculer des industries qui n’ont pas su s’adapter à un monde de plus en plus technologique et ainsi, prendre des parts de marché.

Les entrepreneurs québécois doivent aujourd’hui continuellement remettre en question leur modèle d’affaires en optimisant les outils à leur disposition, notamment technologiques, pour être plus rentables, plus productifs et donc plus compétitifs.

Dans un marché de plus en plus global, nos PME font face à une compétition féroce. Ils doivent redoubler d’efforts, d’audace et de moyens pour se tailler une place.

Prenons par exemple une entreprise comme Adfast. Située à Saint-Laurent, cette entreprise québécoise, gérée et détenue par des Québécois, compétitionne avec des géants du scellant et autres adhésifs industriels. Comment se distingue-t-elle? En mettant l’innovation au cœur de son modèle d’affaires.

En effet, Adfast, une des rares entreprises certifiées 4.0 au Québec, a su dégager, grâce notamment à l’intelligence artificielle, un avantage concurrentiel majeur dans son industrie : la personnalisation de la couleur de son produit. Ainsi, l’entreprise répond à un besoin particulier du marché en offrant un produit plus personnalisé, dans un temps record, car elle a su utiliser l’innovation et les technologies à son avantage.

Les entreprises québécoises sont de plus en plus nombreuses à prendre le virage de l’innovation avec succès : Bicycle Quilicot, Les Brasseurs du Nord (Boréale), etc. Les résultats le démontrent : selon une étude de Deloitte réalisée en 2018, les entreprises innovantes connaissent une augmentation de leur chiffre d’affaires, particulièrement provenant de nouveaux clients, voient leur nombre d’employés croître et vendent plus à l’international comparativement aux entreprises n’ayant fait aucune innovation.

Ce qui est inquiétant, c’est que cette même étude révèle qu’alors que 41 % des entreprises canadiennes sont d’avis qu’elles devront faire face à des compétiteurs non traditionnels au cours des trois prochaines années et que cela aura un effet perturbateur, seulement 6 % s’appuient sur une approche intégrée afin d’innover de manière systémique.

Les gouvernements doivent encourager les entreprises à adopter le virage de l’innovation et de la technologie, peu importe le secteur, c’est urgent! À l’aube d’une récession, c’est d’autant plus important que nos entreprises demeurent compétitives, il en va de l’avenir de notre économie.

 


Source: La Presse


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